SPM, arrêt de pilule, vagues et cycles

pourquoi je ne savais pas ça ?

Dans l’article “L’essentialisme, vérité ou absurdité?”  je mentionne le livre : Kiffe ton cycle. Une fois de plus, je vais vous parler de choses que j’ai apprises dans ce livre, et que j’aurais aimé apprendre plutôt.

Lors de cette lecture, je me suis pleinement identifiée à l’auteure qui explique que depuis qu’elle a eu ses règles, elle a été mise sous pilule par sa gynécologue. Elle a gardé ce rythme pendant de nombreuses années. Elle explique aussi qu’une fois qu’elle a arrêté, sa vie a changé.

Rapidement je me suis identifiée à cette situation, mais j’ai également fait le lien avec nombreuses de mes amies. Approchant de mes 30 ans, voilà que ces dernières commencent a arrêter la pilule dans l’idée de faire des enfants. D’autres arrêtent, car tout comme moi, l’idée de bombarder leur corps d’hormone ne leur va plus. Pour les femmes pour qui s’est possible, il me semble que le choix du non-hormonal se fait de plus en plus.

Pour en revenir au livre, je me suis dit : Tiens, c’est fou, on est quand même beaucoup de ma génération à avoir été mise systématiquement sous pilule. Certaines pour calmer les douleurs, d’autres pour l’acné, et quelques-unes quand même pour ne pas tomber enceintes.

Quand on y réfléchit, on parle tout de même d’une stérilisation momentanée du corps, un leurre, une tentative d’entourloupe à nous-même. Ainsi, c’est seulement après 10 ou 15 ans de faux-semblants, de plaquettes enchaînées ou de pertes constantes, qu’on s’étonne de vivre des “vrais cycles”.

Pour ma part, j’ai opté pour la pose d’un stérilet en cuivre. Plus d’hormones en moi, si ce n’est ma production personnelle. Non seulement il a fallu des mois à mon corps pour se débarrasser des résidus laissés par la pilule, mais le retour à la réalité fut… inattendu.

Flemme de lire? 

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SPM

Les douleurs, je me souvenais en avoir eu, et je suis loin des femmes qui souffrent d’endométriose. Le flux, on m’avait prévenue que le stérilet en cuivre l’augmenterait considérablement, difficile à gérer au début mais bon, c’est “le prix à payer” pour ne pas tomber enceinte. Le SPM, celui-là, je ne l’avais pas vu venir !!!

En fait, je ne savais pas ce que c’était.

Le Syndrome Pré-menstruel, peut se présenter sous de multiples formes. Il s’agit de symptômes qui s’abattent sur vous les jours précédents les règles. Cela peut aller de grosses fringales à la dépression sévères. Certaines ne ressentent rien de particulier, certaines ont de sérieuses tendances au suicide pendant ces périodes. Ce n’est pas une blague, cela arrive vraiment à certaines personnes menstruées. Sauf que quand tu ne sais pas ce que c’est, tu te demandes pourquoi tu changes autant d’une période à l’autre. Dans mon cas, c’était la faim.

La faim mais genre, LA FAIM.

Je pourrais manger mes chats, tellement ça me prend de vouloir, de DEVOIR manger ! Incroyable. Au début, je me suis dit que j’étais peut-être dans une sale période et que mon esprit cherchait le réconfort à travers mon corps. Sauf qu’après la faim, s’est ajoutée la tendance très très inhabituelle à pleurer pour rien. J’étais devenue sensible. Et ça… Ce n’était pas normal du tout. Il m’en fallait des caisses pour pleurer devant un film, un chien devait mourir pour me fendre le cœur. Sauf que là, de voir quelqu’un pleurer, ou même vivre un moment de joie intense (donc voir un bébé chat peut me faire pleurer en SPM), et hop, comme dans Friends, une fois que les vannes sont ouvertes, tu ne les fermes plus. Je me suis donc dit que cette fois, il y avait un souci.

Cela arrivait toujours la semaine avant mes règles et ça repartait instantanément quand elles arrivaient. Étrange. J’ai fait mes recherches et j’ai trouvé. Eh bien non : SPM.

Pour comprendre le pourquoi du comment, du style quelle glande et quelles hormones… , je vous invite lire Kiffe mon cycle.

Pour ma part, ce qui m’a vraiment étonnée, c’est que bon, j’ai bientôt 30 ans, et je n’étais pas au courant. Je ne savais pas les effets autant inhibiteurs de la pilule que j’ai tout de même consommée pendant des années. Je ne savais pas ce qu’était le SPM, ni tout ce qui se passe dans le corps d’une femme pendant, avant et après ses règles. Pourquoi? Pourquoi et surtout comment j’ai pu passer à côté de ces infos?

Je n’arrive pas à dire si c’est cette volonté d’effacer les différences avec les hommes pour ne pas être traitée différemment, notamment dans le milieu du travail, ou si c’est par flemme. Oui, parce que finalement, on ne peut pas s’attendre à une carrière comparable à celle d’un homme si une fois par mois on doit prendre 2 jours de congé parce qu’on souffre le martyre. Alors qu’un homme lui est opérationnel tous les jours du mois. Et même s’ils ont leurs humeurs, elles ne fluctuent pas comme celles des femmes, par vagues, en cycles. Du moins, c’est moins évident.

Pourtant cela fait un moment que je suis le compte instagram SPM Ta mère. Mais je ne me sentais juste pas concernée. Je voyais ça comme une sorte de maladie qui touche certaines femmes. En fait, c’est juste une réaction hormonale normale, qu’on a juste oubliée depuis l’arrivée de la pilule qui nous dérègle depuis de nombreuses années.

Nous vivons dans une société qui pense qu’une femme qui hausse la voix à au mieux ses règles, au pire, est une sorcière. Je pense que la pilule a été pour beaucoup de femmes, sportives, de pouvoir, responsables, un soulagement. Parce que oui, les femmes vivent des vies plus chargées que celles des hommes (souvent) et elles doivent le faire en surfant sur un cycle qui ne leur a jamais été appris.

Toutes les femmes devraient connaître le fonctionnement de leur corps et tous les hommes devraient comprendre ce que cela implique dans la vie de tous les jours. Le monde s’en portrait bien mieux!

Peut-être ai-je aussi beaucoup cru que si on ne m’en informait pas à l’école, c’est que ce n’était pas vraiment important. Quelle erreur… J’espère que nous allons vers une école qui explique ce qu’est un clitoris et que les tague sur les murs ne seront plus que des pénis mais aussi des vulves. Je veux dire, du moment qu’on est con, soyons des cons égalitaires.

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Photo Emilie

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