La responsabilité individuelle

face au racisme, pour le féminisme et l'écologie.

Sans doute que pour certains je mélange tout (racisme, féminisme). Pour d’autres, le lien est logique. Je ne me sens pas légitime de parler de racisme, car j’y ai très peu fait face. Les “seules” remarques que j’ai pu avoir sont dues à mes origines serbes. Depuis toujours je me suis dit que c’était normal, après tout, les gens sont bêtes et ignorants sur beaucoup plus de sujets comparés à ceux qu’ils maîtrisent. C’est évident.

On en ignorera toujours plus qu’on en sait. Je suis l’ignorante de quelqu’un d’autre sur au moins des milliers de sujets différents.

Ceux qui ne comprennent pas pourquoi je publie cet article maintenant, je pense qu’il est temps de vous informer quelque peu. Hormis si vous n’avez contact avec aucun média, vous n’êtes sans doute pas passé à côté du décès de George Floyd. Américain noir mort sous le genou d’un policier alors qu’il criait ne plus pouvoir respirer. Premier point : ça ne devrait pas être « banal ».

Le fait est que les policiers ne sont pas forcément punis pour ce genre d’actes. Du moins pas autant qu’ils devraient l’être. Ceux qui ont arrêté puis tué George Floyd ont été licenciés, mais pas poursuivis (au moment de la rédaction, voir articles ci-dessous). Évidemment, la colère monte, l’injustice est criante, le monde se révolte.

Flemme de lire? 

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Je pense que le contexte actuel mondial a joué dans la tournure qu’ont pris les choses — et c’est tant mieux ! Le monde est en train de sortir de plusieurs mois de confinement (Europe), les USA quant’à eux continuent de compter les morts, alors que ceux qui ne meurent pas sont enfermés chez eux (quand ils ont une maison). Le monde est tendu, le monde a peur. 2020 part en cacahuète et personne ne peut prédire où nous allons. Rien de pire que le doute et l’incertitude.

Pour faire un tour d’horizon plus général : Depuis quelques années, le féminisme monte en force. Les femmes n’en peuvent plus de « vivre à moitié » sans réelles raisons. Le body positive a éclos et les codes sociaux sont en train de changer. Lentement, très lentement, mais le combat est d’actualité.

Depuis des années l’écologie prend de la vitesse dans le cœur du peuple. Les grands pouvoirs financiers de ce monde sont pointés du doigt, les politiques sont mis en doute, les Américains ont élu Donald Trump. Je veux dire, ça va mal…

Le monde a pris de l’élan, les choses changent, car les glaciers fondent vite et ça commence à bien se faire sentir, car le commun des mortels est maintenant armé d’un smartphone.

Le savoir à portée de main. Et même s’il faut dépatouiller les fakes news des informations pertinentes, maintenant, le monde peut partager. Le monde peut crier sa peine, filmer les plaies ouvertes, les mensonges, mettre à jour ce déni alimenté par nos boomers.

Parlons-en des boomers. Incluons aussi toutes ces personnes “formatées”, d’une part à ouvrir une bouche béante devant le flot tout bien préparé de certains médias, des nations et leur presse. D’autre part, à rester dressés, et à s’en contenter. On prend ce qu’on nous donne sans réfléchir, on passe peut-être à côté de la vérité, mais c’est quand même plus simple. Tant de gens considèrent les personnes qui se dressent face aux institutions comme des marginaux illuminés. Malheureusement, compréhensible. Imaginez avoir vu vos parents travailler dur toute leur vie dans le seul but que vous vous la couliez douce — ou moins dur qu’eux— et maintenant vous réalisez que vous ne pourrez pas offrir la même chose à vos enfants.

On en finit plus.

Oui, il faut désapprendre pour réapprendre mais dans les faits, quand aux repas de famille, je dois passer ma soirée à me battre sur chaque sujet pour défendre les femmes, les gens qui n’ont pas la même couleur que moi, les mêmes partis politiques, les mêmes privilèges, les mêmes idéaux, […] je passe ma soirée le cœur lourd et en vain. C’est très difficile de changer les mœurs d’une personne qui a passé 70 ans de sa vie à suivre un modèle de société qui a été conçue dans le but de stigmatiser les minorités. Une société qui décide de faire des différences des minorités. Qui cherche la différence dans la déviance et l’innovation, etc.

J’ai 29 ans et je me cherche chaque jour, j’essaie de faire un chemin spirituel pour grandir et être un meilleur être humain. Pourtant si je prends du recul face à la situation du monde, maintenant en 2020, soit je m’assieds et je pleure… Je pleure les ours polaires, je pleure la famine, je pleure la violence gratuite, je pleure les viols, je pleure les droits si peu évolués de la communauté LGBTQ+, je pleure les 99%, je pleure les poulets en batterie, je pleure la guerre pétrolière, je pleure les incendies en Australie, je pleure la forêt qui disparaît, je pleure le COVID, je pleure le déni du monde face à ce que je cite, je pleure que je n’aie pas à réfléchir pour citer tant d’exemples…

Ou alors — après avoir quand même pleuré, par ce que des fois ça me prend, ce constat qui me déchire — je me relève et je choisis comment je veux passer ma vie. J’essaie de trouver une balance entre une dévotion pour la société en donnant ce que je peux, en savoir, en bienveillance et en argent. Et entre égoïsme qui me fait me renfermer sur moi-même car en moi raisonne souvent un « à quoi bon ? ».

Pour terminer, il n’est plus possible de faire l’autruche. Il n’est plus possible de se mettre des œillères, trouver toutes les figures de style que vous voudrez : on ne peut plus faire semblant. Si vous n’est pas encore féministe, devenez-le. Si vous n’êtes pas à l’aise face au thème du racisme, instruisez-vous. Si vous pensez que l’écologie, c’est le problème des végans, regardez des documentaires sur le sujet. Si vous pensez que les gays n’ont pas le droit d’adopter, cherchez les statistiques de maltraitances dans la petite enfance. Si vous vous sentez agressés par ces propos, arrêtez-vous 5 min, respirez et regardez-vous dans une glace. Êtes-vous quelqu’un que vous aimeriez rencontrer ?
Lisez, instruisez-vous, regardez, questionnez, réfléchissez, intervenez. Il en va de votre devoir d’être humain. Cette planète n’est pas la vôtre, c’est la nôtre.

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Photo Emilie

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