Plus jamais de régimes.

Le long chemin vers l'acceptation de soi.

Voilà, nous sommes aux portes de l’automne, si vous mangiez uniquement des carottes pendant l’été pour garder votre summer body, vous pourrez bientôt revire. Eh oui des souffrances autour du summer body il y en a encore. Naïvement, je pensais que la vague du body positive avait bien changé les choses, mais j’avais oublié que nos feeds sont tous uniques, et que nos influenceurs, nous les choisissons. Ou pour les puristes ; l’algorithme nous montre ce que nous voulons voir. Voilà pourquoi je vois des femmes anti régimes et pro acceptation de soi alors que certaines de mes copines voient Kylie Jenner.

Sauf que cette affirmation que je n’allais plus jamais faire de régimes, je l’ai faite il y a déjà quelque temps, non pas grâce au mouvement body positive — bien que ça soit clairement une très bonne chose —,  mais suite à une réflexion personnelle que je partage avec vous aujourd’hui.

A 17 ans, j’étais partisane du régime Coca Zéro. En gros, dès que tu as faim, tu bois du coca zéro à la place. Le gaz te fait gonfler l’estomac et tu n’as pas ingéré une seule calorie. Tu manges le minimum vital et du coup, tu fonds. Oui, parce que, quand j’étais ado, j’étais persuadée d’être obèse. Alors que pas du tout. Je n’avais pas accès à toutes les informations sur la morphologie disponibles très facilement maintenant. Je croyais que toutes les femmes naissaient avec un corps destiné à devenir quelqu’un comme Kate Moss, et que, selon tes capacités personnelles, tu restais comme ça ou tu t’en éloignais. Je ne pensais pas aux gènes, à la culture, à l’environnement social et absolument tout ce qui constitue notre monde. Pour moi, j’avais dû passer du 176 taille enfants au 36 taille adulte, j’avais alors failé à mon unique chance d’être une vraie femme.

Je me consolais alors avec des boules de Berlin. Véridique.

Flemme de lire? 

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Ça fait bizarre de poser les choses comme ça, j’irais tellement mettre une petite paire de claques à la jeune moi. Sauf que voilà, on n’est pas dans Legends of Tomorrow (séries où des super-héros voyages dans le temps), donc, mon parcours restera tel quel.

J’ai essayé une multitude de régimes. J’ai vu ma maman en faire aussi de toutes les sortes. Il y en a pour tous les goûts chaque été dans tous les magasines qu’il existe. Weight Watcher, Dukan, sans gluten, sans sucre, cure detox, jeune intermitent, jeune tout court, cure d’aloe vera, coupe faim, bref… Tout ce qui est, à un moment ou un autre, une solution « révolutionnaire ».

En 2013 ou 2014, j’ai décidé de perdre 20 kg. Je ne me plaisais plus, je n’aimais plus me voir en photo. Et puis pourquoi les autres pourraient y arriver et pas moi? Du coup, j’avais une routine établie. J’étais en étude mais emploi. J’avais donc un horaire fixe entre école et boulot, je vivais avec ma maman, m’épargnant une bonne partie de charge mentale, pas de soucis d’argent, pas de copain, la belle vie. (Clairement au passage, les meilleures années).

Rapidement j’ai commencé de fondre. Je faisais 40 min de sport par jour, je mangeais 1200 calories en moyenne. En tout, j’ai perdu 18 kg en un peu plus de 6 mois.

Hormis le trauma violent que j’ai fait à mon corps, le déséquilibre alimentaire que je me créais et ma rupture sociale (impossible d’aller au restaurant, ou encore de boire de l’alcool, c’était contre-productif ! ), j’étais arrivée à peu près à ce que je voulais.

Sauf que voilà… Ça n’allait toujours pas. Enfin si bien sur, je pouvais m’habiller plus facilement, je me sentais puissante physiquement. J’avais bien organisé le truc, car je faisais faire des prises de sang pour éviter les carences. J’étais au top physiquement et j’avais un mental d’acier, je pouvais me dépasser et j’adorais ça. Je faisais du cross fit, de la course, du fitness… mais, je trouvais toujours des défauts à mon corps.

Je me revois, au plus bas de mon poids, à me regarder dans le miroir de la salle de bain… Mes bras étaient fins, mes jambes aussi. Je n’avais plus besoin de me tendre pour qu’on voit mes côtes. Je pouvais garder de l’eau dans le trou de mes clavicules tellement elles ressortaient. Mais…J’avais toujours mes hanches larges et mon petit bidou. C’est là que j’ai compris. Je pourrais tout faire, attaquer le problème du côté sport ou du côté bouffe, ou des deux côtés en même temps, JAMAIS mon corps ne serait celui de Kate Moss. Jamais. Never. Forget it. Ciao.

On n’avait pas été faites dans le même moule. Ce n’était pas moi qui étais défectueuse, ni les autres. On est juste tous différents. Si je ne voulais pas le voir ou si j’ai fini par l’oublier, c’est parce que je construisais ma vie persuadée que les médias représentaient équitablement la société. (Grave naïve la petite quand même).

Je mets les choses au passé, mais il aura fallu environ 5 ans à mon cerveau pour passer de compréhension à acceptation. Et pour y arriver, je dois chercher des femmes avec une morphologie similaires à la mienne pour me rassurer. C’est ça qui n’est pas normal, il devrait y avoir de tous les corps publiés partout.

En ce qui concerne mon poids…

Arriva ce qui devait arriver, j’ai tout repris.
Et je ne compte pas refaire de régime.

Il m’a fallu tant de sacrifices, tant de privations pour arriver à un résultat qui plaisait visiblement plus aux gros lourds en soirée qu’à moi-même, que j’en arrive à la conclusion qu’à long terme, ça ne vaut pas la peine.

Forger un corps qui répond plus aux normes établies par des magazines retouchés qu’à ce qu’on voit vraiment dans la vie, non merci.

Viser un “bikini body” pour que d’autres personnes le valident, absolument mettre du 38 alors que personne n’en a quelque chose à secouer de la taille de mon jean, complexer d’autres femmes qui voient en moi les qualités qu’elles n’ont pas, alors que je vois en elles celles qui me font défaut… A quoi bon ?

Alors, je ne me pèse plus. Enfin si, chez la gynéco 1x par an. Surtout parce que j’ai plus de balance aussi, j’avoue. Au moins, je ne suis plus tentée.

Je mange ce que je veux quand je veux. Oui, des fois je grossis, des fois je maigris. Mon IMC n’est sûrement pas dans le vert. Mais je n’ai aucune carence. Je suis globalement en bonne santé. Mais pas en parfaite santé. Je peux marcher, bouger, courir (pas long ahah), faire du yoga, rire, danser, chanter, jardiner, bricoler, conduire, porter du lourd, nager… Et c’est plus que plein de gens sur terre. J’en suis juste reconnaissante chaque jour.

Attention je ne mange pas que du Mc Do non plus, je ne me nourris pas au coca et j’essaie de bouger régulièrement, même si ce n’est clairement pas assez. Je ne fais plus de sport pour en faire, mais quand j’en ai envie. J’essaie de me sentir mieux dans ma tête et donc dans mon corps. J’évite les frustrations liées à la nourriture, car il y en a assez dans d’autres domaines de la vie. J’essaie de me sentir libre en fait. Libre du regard des autres mais surtout libre de mon propre jugement !

Le corps sait naturellement dire stop. Si ça dérape, il faut savoir se faire aider et se tourner entre autres près de spécialistes en rééquilibrage alimentaire.

Je cherche l’équilibre entre mon corps et mon esprit. J’écoute ma faim, j’apprends à différencier faim et ennui, faim et émotions. J’écoute mon cycle et je le respecte. Je ne me frustre plus, je vis pour moi et pas pour les autres. Bien sûr, des fois je « mange mes émotions ». Bien sûr que des fois je perds le contrôle et que vais prendre du poids. C’est normal, c’est la vie. Malheureusement, on ne peut pas consacrer les 24 h de notre journée à notre bien-être.

Parce qu’on n’est pas Kylie Jenner.

Disclaimer: Je n’ai rien contre Kylie, ni sur sa manière de vivre. Malheureusement, trop de gens ne savent pas encore reconnaitre, ou accepter, les modifications virtuelles ou non qui sont publiées. Cela crée des complexes inutiles, car il n’est pas possible de ressembler naturellement à un filtre Instagram.

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Photo Emilie

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