Les mamans,

ces femmes mieux que les autres.

Dans la suite de l’article « J’aime pas les gosses », je vais continuer de m’attirer de sacrés foudres par ici. Mais bon… Je vais aussi soulager l’esprit d’autres femmes je pense… Voyez-y tout le cynisme du monde, ou des touches d’humour, je ne cherche pas à critiquer les choix des autres, mais simplement à relever que nos choix sont les nôtres, justement. Nous pouvons nous en plaindre, mais assumons-les ! Ce qui m’a fait écrire cet article, c’est l’accablement incessant que je constate chez plusieurs mamans. Une chose que j’ai constatée en discutant avec plusieurs femmes — qui ne savent pas forcément que je ne veux pas d’enfants d’ailleurs — c’est cette manière d’en permanence se justifier : « Moi je ne peux pas venir à tel endroit, tu vois, je dois m’occuper du petit, ou le faire garder. », « Tu sais, moi je ne peux pas penser comme toi… ». Il y a ce mélange de position de victime chargée d’un fardeau terrible et d’un autre côté, il y a cette manière de porter la culpabilité sur les autres: « T’as aucune idée de ce que je vis tant que tu l’as pas vécu. » Un peu comme certains malades qui ont besoin de déplacer leur fardeau de leurs épaules aux épaules des autres, juste pour se délester de leur poids. On ne peut pas dire — ou à très peu de gens— : tu l’as voulu, on ne t’as pas mis de couteau sous la gorge (si c’est le cas, je suis vraiment désolée pour toi). Peut-être qu’elles ne se sont rendu compte que trop tard que leur volonté d’avoir une progéniture n’était pas vraiment leur envie, mais tout un schéma sociétal qui a été construit dans leur tête depuis leur tendre enfance. Soit, mais ce n’est pas aux autres d’en payer les frais. Vous connaissez peut-être ces personnes qui ont construit une vie de famille, et qui viennent se plaindre (c’est humain de se plaindre, mais il y a des limites), qui viennent quémander un peu de réconfort et de “pitié” pour certains, comme si on était obligé de leur dire : Oh mais oui ma pauvre, je te comprends. Pour enchaîner avec un : Mais pourquoi tu n’as pas d’enfant ? C’est le plus beau cadeau d’une vie! Alors qu’elle vient de passer 10 min à t’expliquer l’enfer qu’est son quotidien… ça raisonne toute de même comme : Allez, vient, vient vivre dans la même galère que moi, je me sentirai moins seul. C’est quand même fabuleux comme est la nature humaine ! Encourager les autres, mais absolument pas pour les bonnes raisons !

Flemme de lire? 

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Pour ma part, cela fait depuis que j’ai l’âge de me demander si je voulais des enfants que je sais que je n’en veux pas. Plus tard, vers 15 ans, j’ai vraiment forgé mon opinion et ancré mon idée. Ce n’est pas que je n’aime pas les enfants en soi (enfin…), je n’aime pas ce processus-là. Peut-être que je n’ai pas aimé certaines parties de mon enfance… oui, peut-être. Je sais juste que je ne peux pas aller contre. En même temps, que voulez-vous que je vous dise, admettons que j’aie un trauma, pour X ou Y raison qui fait que je n’ai pas envie d’avoir d’enfants. Ben voilà. Ça ne se règle pas comme ça et souvent on doit apprendre à vivre avec. Et alors en fait? Qu’est-ce qu’on fait? J’en tire quoi? Je fais des enfants et je me dis: bah si je ne les aime pas c’est sans doute à cause d’un problème quand j’étais petite… Ou : ça finira bien par venir, comme chez tout le monde ! Je ne suis pas à l’aise avec l’idée d’avoir des enfants, pourtant j’en ai déjà gardés. J’ai déjà changé des couches, j’ai deux petits frères dont je me suis occupée étant assez jeune. C’est peut-être aussi ça qui a enlevé le voile de l’inconscient (volontairement laissé à certaines) qui camoufle la réalité de la grossesse et de ce qui s’en suit. Pourtant, ma belle-maman a accouché en ambulatoire, autant vous dire que je n’y ai pas vu grand-chose. Mais quand même, le monde change quand un bébé arrive. Ce n’est pas juste un accessoire qui braille, c’est un être vivant qui dépend en très grande partie de nous, de nos gestes et attentions.

Tant de femmes ont des enfants et tombent des nues en voyant la charge que ça implique. C’est peut-être aussi pour ça qu’on informe si peu les gens — pour l’instant — sur les conséquences d’avoir un enfant. Sur la vie intime, dans le couple, mais aussi juste sur TOUS les gestes du quotidien. Allez donc aux toilettes 5 min en paix avec un gamin en bas âge ! Et je ne vous parle même pas de l’aspect financier. On en a entendu des : Ho mais ça coûte cher ! Ou… Tu vois avec les enfants on ne peut plus se permettre les vacances. Mais… vous croyiez quoi ? Que c’était livré avec une prime d’entretien ? Un remerciement de la société pour faire perdurer l’humanité ? Vous avez entendu de la politique de l’enfant unique en Chine?

Comment se dire, je vais faire un enfant, si on n’en a pas vraiment envie ? Se convaincre soi-même qu’on doit en avoir, je trouve ça vraiment dommage.

Une chose qu’on m’a dite plus d’une fois : Mais tu as été une enfant ! Alors tu ne peux pas dire que t’aime pas ça… […] (Je n’ai pas les mots).

Ça me fait tellement rire, … ou pitié.

Comme si c’était un dû. Du fait que tu aies été un enfant, comme l’ensemble de l’humanité d’ailleurs, tu dois procréer. Tu as été une enfant, tu n’as pas le droit de ne pas aimer les enfants.

Be free.

Je respecte tout à fait les gens qui ont des enfants, je ne dis pas qu’il ne faut pas en faire. Je dis que moi je n’en veux pas. Ça paraît con, mais je m’en prends dans les dents depuis mes 15 ans à ce sujet.
Je pense qu’il y a des personnes très heureuses d’avoir des enfants, ce sont juste des choix de vie différents. Je suis consciente que tout le monde n’a pas de problème psy refoulé, et qu’il y a des gens simplement heureux. J’espère sincèrement qu’il y a des gens qui vivent leur meilleure vie avec leurs enfants.

Venir imposer, réprimander et juger les gens qui font le choix de ne pas avoir d’enfant est vraiment dénué de sens. Pensez à ces femmes et ces hommes qui ne peuvent pas avoir d’enfants. Derrière les tentatives infructueuses de procréer se cachent souvent la peine et la déception que chaque questionnement ranime.

Mais là encore, parce qu’on peut faire quelque chose que d’autres ne peuvent pas faire, on doit le faire quand même par respect de ceux qui ne peuvent pas ? Mais pas du tout. C’est le même principe que « finis ton assiette, des gens meurent de faim. ». Ça n’a pas de sens ! Soit reconnaissant de ce que tu as, remercie l’Univers de t’offrir ce dont tu peux bénéficier, mais ne t’oblige pas à vivre les choix des autres !

Je sais que je blesse plusieurs femmes qui veulent du plus profond de leur âme avoir un enfant (je dis bien enfant, parce que celles qui veulent juste un bébé, … ça ne reste pas petit si jamais).

Mais, du coup, on doit rendre ça tabou ? Parce que ça blesse d’autres gens ?

Je sais que c’est dur à entendre, mais une fois encore, on ne peut pas attendre des autres qu’ils vivent la vie qu’on leur verrait bien vivre. Selon nos idées, nos mœurs, nos expériences. Réfléchissez-y la prochaine fois que vous ferez la morale à quelqu’un, accompagné d’un petit sourire narquois pour faire passer la chose.

Je reste persuadée que les gens qui ont fait des enfants pour les autres, pour la société, pour leurs propres parents, par croyance ou autre… ces gens-là, restent des moins bons parents, des moins bons générateurs d’êtres humains heureux, que ceux qui ont pris le temps de se demander pourquoi ils voulaient leurs enfants.

Cela s’applique également dans tout l’univers LGBTQ+ qui — une fois de plus selon moi — devrait avoir un accès totalement libre à l’adoption. Ne serait-ce que pour donner l’amour qu’ils ont à revendre, à des enfants qui n’étaient pas forcément désirés. Venez me dire qu’un couple gay s’occuperait moins bien d’un enfant qu’un couple hétéro. Mettons : Monsieur Drogué avec Madame Alcoolique. Vous pourrez y mettre toute la peine du monde, je ne vous croirai pas. 

Rejeter de voir ces cas de société, c’est faire un déni sur l’état de santé mentale de la société. Faire l’autruche. Nous devrions tous nous battre pour l’égalité et pas pour rassurer des pauvres boomers secoués dans leurs idées bien droites.

Pour moi, avoir des enfants, c’est se consacrer à eux, tout faire pour leur bonheur. Cela implique de quelques fois mettre son bonheur entre parenthèses, et ce n’est pas quelque chose que j’ai envie de faire. Ceux qui me disent que non, avoir des enfants n’implique pas de se priver, ou alors momentanément. Je suis désolée, mais je n’y crois pas.

Celles qui veulent tout faire et qui prennent toujours leurs petits avec, ces derniers qui sont souvent les enfants-rois, soit par volonté des parents de ne pas reproduire leur frustration de leur propre enfance, soit parce qu’ils sont juste à bout et qu’ils cèdent. Ces femmes-là, je suis désolée, mais vous ne pouvez pas tout faire. Le cliché de la femme parfaite qui cumule 46 vies, ce n’est pas possible à long terme. Vous allez griller une pile, si ce n’est pas maintenant, ça sera plus tard. Et vos enfants, ils le ressentent.

Les enfants doivent être des enfants, je veux dire par là que c’est normal qu’ils courent, crient, s’expriment, etc. C’est dans ces moments-là qu’on leur apprend la vie en société pour qu’ils ne grandissent pas en gros mal polis dégueulasses dont tout le monde à honte en société. Non, un enfant qui court entre les tables d’un restaurant parce que ses parents veulent qu’il “vive sa vie”, c’est non. Désolée mais non… Il y a un cadre pour tout, le reste du monde ne vous doit pas une fière chandelle d’avoir mis au monde un enfant. Oui, votre enfant a le droit de vivre, mais il doit aussi apprendre que le monde qui l’entoure ne lui voue pas un culte, car s’il ne l’apprend pas maintenant, la vie se chargera de lui apprendre plus tard, quand les choses seront plus difficiles à assimiler. Vous réalisez que vous êtes en train de forger le caractère d’un futur compagnon de vie ? D’une future maman, patronne, etc. ?

Il y a 4 enfants (4,66 précisément, au 18 mai 2020) qui viennent au monde à la SECONDE!! Sur l’ensemble de la planète Terre. Vous n’êtes pas une divinité qui a pondu un demi-Dieu. Vous êtes comme toutes les femmes qui sont actuellement devenues mère pendant que vous lisez cet article.

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de naissances par jour sur Terre

Alors pourquoi faire un enfant si je n’en ai pas envie?

Difficile de l’imaginer mais figurez-vous qu’il existe de nombreuses femmes qui regrettent d’avoir eu leur enfant. Il y a même des statistiques qui commencent à être réalisées sur ce sujet, on commence enfin à le rendre moins tabou. Peut-être que ça choque certaines personnes, peut-être que certaines ne veulent pas accepter que ça existe, mais mettez-y tout le déni du monde, ça ne changera pas la réalité des choses.
Alors avant de fonder une famille, si le choix vous est donné, prenez le temps de bien y réfléchir. Ne vous dites pas que, de toute façon vous devez y passer parce que tout le monde doit en faire. Non, ce n’est pas vrai. Si vous vous sentez encore enfant vous-même, pensez-vous réellement être capable de vous occuper d’un être vivant. Comment voyez-vous vos parents ? Imaginez que vous serez les parents d’un être, pas qu’à sa naissance, mais aussi quand il aura votre âge et encore plus tard. Vous en pensez quoi ?

Je ne veux pas convaincre un maximum de monde à penser comme moi, j’aimerais juste rappeler que nous avons le choix, autant les femmes que les hommes. Et nous sommes privilégiés pour ça ! J’aimerais rappeler qu’au Moyen Âge on suspendait les nourrissons au mur pour que les animaux ne les mangent pas, qu’on faisait les enfants pour qu’ils travaillent et soient rentables. C’est bien plus tard que les enfants ont été faits par amour, par choix. Vos grands-parents vousoyaient leurs parents, les relations n’étaient pas les mêmes alors n’oublions pas que nous ne mettons pas au monde des demi-Dieux mais juste des enfants. Aussi merveilleux (par extension de vous-même) soient-ils.

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Photo Emilie

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