J'aime pas les gosses

et depuis longtemps...

Voilà c’est dit, j’aime pas les gosses. Pour ceux qui ne le savaient encore pas, non je n’aime pas les enfants. Et de manière générale. Oui, je sais, je vais me faire jeter des cailloux par beaucoup de monde, honte à moi ! Plusieurs se sont déjà fait lyncher uniquement pour avoir osé dire leur avis sur la reproduction.

Récemment, j’ai eu l’opportunité de discuter avec plusieurs personnes qui ont des enfants, et une fois de plus, cette idée qu’il s’agit avant tout d’une contrainte m’est venue à l’esprit.

DISCLAIMER – Je n’ai pas pour but de faire changer l’avis de qui que ce soit. Je donne mon avis et uniquement mon avis.

Sincèrement, je pense être dépourvue de ce truc qu’ont certaines personnes avec les enfants. Non pas l’instinct maternel, parce que ça, je pense que c’est ancré dans nos gènes. Entendre un bébé pleuré me fait réagir et un enfant qui me serre tout contre lui ne me laisse pas indifférente. Mais je pense que pour vouloir des enfants, il faudrait idéalement avoir ce truc, vous savez… savoir qu’en faire de ces marmots !

À aucun moment de ma vie — et ma mémoire remonte à loin, je vous l’assure — je n’ai eu envie de procréer, étendre ma lignée. Créer une famille n’a jamais fait partie de mes envies ou de mes besoins. Pourtant, je suis marraine, et deux fois ! Je ne suis pas un monstre avec les enfants, du moins pas ceux que je connais (roh c’est une blague). Mais malgré les moments agréables que je peux passer avec les enfants de ma famille ou de mes amies proches, rien n’y fait. Je n’ai VRAIEMENT PAS ENVIE d’avoir d’enfants.

Cette affirmation je la fais depuis mes 15 ans en étant sûre de moi, avant, j’avais cette idée que c’était ce qui m’attendait, que je n’aurais pas vraiment le choix. Je pensais que c’était comme le permis de conduire, tout le monde y arrive et tout le monde le fait (du moins au Jura suisse tu ne peux rien faire sans permis). C’était un peu ça : tu vas te marier et faire des enfants, la vie quoi.

Flemme de lire? 

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Ben… en fait non. La vie ne se définit pas par notre progéniture.

Et en plus, je ne vais pas m’inventer un besoin pour satisfaire qui que ce soit d’autre. On parle quand même d’une vie. D’un être vivant qui va évoluer différemment que je l’aime un peu ou pas du tout. Je ne pense pas faire une mauvaise mère, je pense juste que je n’ai pas envie. Sauf que même en 2020, quand t’as pas envie de faire d’enfants, c’est que t’as un problème.

Du moins c’est ce que j’ai longtemps cru. J’ai fait des recherches sur le sujet, j’ai essayé de comprendre pourquoi la raison même d’exister de tant de monde ne me semblait qu’un gros boulet qu’on se leste aux chevilles. J’ai creusé loin. Très curieuse de nature, je me suis documentée sur le net mais aussi auprès des femmes qui racontent volontiers leurs expériences. Encore plus à une jeune fille qu’elle pourrait peut-être convaincre d’embarquer dans le même bateau qu’elle.

Plus jeune, je n’ai eu que des retours ultra-positifs sur la beauté d’être mère. C’était souvent ponctué d’une sorte de lâcher prise, dans le sens : c’est la vie, on doit passer par là. J’ai réalisé que beaucoup de femmes faisaient des enfants pour suivre un schéma sociétal mais pas vraiment par réelle envie. Plus tard j’ai réalisé que ce n’était pas qu’un fléau réservé aux petites bourgades mais bien un problème réel qui enferme beaucoup de femmes (et d’hommes d’ailleurs) dans un cercle vicieux. Attention je ne dis pas que c’est le cas de tout le monde, il y a des personnes qui veulent absolument des enfants, qui les font, les aiment et vivent heureux. Je dis que si on prend l’ensemble de la société (européenne dans mon cas), le pourcentage de gens qui ne désirent pas d’enfant est très largement sous-estimé. Plus le temps passe, moins les gens voudront faire d’enfants.

Pourquoi?

Si on peut déblatérer un bon moment sur le fait que je ne sois de loin pas toute seule à réfléchir comme je le fais, s’en suit TOUJOURS la même question : POURQUOI ?

Souvent ponctuée d’un rire ou d’une blague de merde, disons-le. La question raisonne souvent comme si j’étais devant un jury, la main droite levée, l’autre sur une bible et que, Jésus, Marie, Joseph, j’avais outré Celuidontonndoitpasprononcerlenom. Généralement c’est à ce stade que mon grade social prend cher. Comment passer de femme intelligente à jeune fille frivole. Et pourtant, des arguments j’en ai à la pelle… En voici quelques-uns si vous êtes dans la même galère que moi.

Vaut mieux ne pas en faire qu’en faire pour les mauvaises raisons.
Si on part du principe que la Terre n’a pas crucialement besoin de crouler sous les humains et que la race humaine n’est pas en voie d’extinction… Nous ne sommes pas obligés de faire des enfants.

Donc non, ce n’est pas un choix égoïste. Et ce ne l’a pas été depuis fort fort longtemps. Petit rappel : en 1950, la planète Terre comptait 2,5 milliards d’êtres humains. En 2020, 8 milliards… si vous avez besoin d’un dessin, cherchez sur Google.

Ce qui est égoïste par contre,
c’est faire un enfant parce que… :

  • On se sent seul.
  • On ne veut pas mourir seul quand on sera vieux.
  • On veut que quelqu’un s’occupe de nous.
  • On n’a personne d’autre à aimer.
  • On veut être aimé à vie.
  • On veut que son enfant réalise les rêves/métiers/espoirs qu’on n’a pas eu le courage de vivre.
  • On veut que son nom de famille perdure.
  • On espère laisser une trace (un de nos descendants) dans les livres d’histoire.
  • On veut faire comme nos parents.
  • On s’en fout, c’est le bon Dieu qui décide.

Non, on ne peut pas tout faire comme avant avec un enfant.
Je ne dis pas qu’il n’y a pas d’autres bonheurs, mais arrêtez de faire comme si ce n’était rien qu’une peluche qu’on peut prendre sous le bras. Avoir un enfant — et bien s’en occuper, encore un autre sujet — ce n’est pas le mettre devant la TV pour qu’il se taise. C’est aller faire ses courses avec une poussette, TOUT avec une poussette et pour un moment… C’est une multitude de privations, certaines momentanées, certes, mais c’est quand même un changement… 

Et ce n’est pas aux autres de payer le prix de VOS choix de vie. Non, si on ne peut pas apprendre à ses enfants à se tenir en société, on ne le prend pas avec. Si on ne peut pas les faire garder, on ne sort pas, on assume le choix d’avoir fait des enfants.

Si tu peux oublier l’accouchement, tu te souviens bien de l’avant et de l’après.
On commence gentiment d’en parler, mais peu de femmes savaient à quelle sauce elles allaient être mangées avant d’accoucher. Déchirure, puis être recousue… pertes ultra abondantes, fuites urinaires, etc. Bref, pour certaines, rien de tout ça, pour d’autres un enfer. Mais un enfer qu’elles doivent taire, car ça ne se dit pas, tu as créé la vie, donc, tu n’en parles pas. Ah ! plaçons aussi le baby-blues, les dépressions, la charge mentale qui grossit encore, etc.

Ça coûte une blinde !
Eh oui, on reçoit, certes, des allocations de la part de l’état, mais c’est souvent à peine suffisant pour payer la caisse maladie. J’ai quand même déjà entendu des mamans me dire : mais purée je ne pensais pas que ça coutait si cher une couche. Moi je tombe des nues, renseigne-toi ! Mais AVANT ! Je ne sais pas vous comment vous étiez (ou êtes encore) avec vos parents, mais imaginez la même chose en mini vous qui vient gratter du fric en permanence… Eh oui… et s’ils font des études, c’est jusqu’à 25 ans facile !

C’est ingrat.
Hormis les mamans poules aux liens limités malsains avec leurs gamins de 20 ans, rares sont celles qui vous disent que leurs enfants sont réellement reconnaissants de tout ce que vous avez déjà fait pour eux. Qui se souvient quand on lui a nettoyé sa couche qui débordait jusqu’aux cheveux ? Hum personne ? Je me disais aussi.
Ah et légalement, vous ne pouvez pas mettre dehors vos enfants s’ils sont en études, je vous mets un petit lien vers un article qui parle de ça… [par ici]

Vous vous ferez du souci A VIE !
« C’est une histoire de 18 ans… » Ah ! pas du tout ! Allez demander à ma maman, à ma grand-maman, au reste de ma famille même, s’ils ne se font pas de soucis pour moi !? J’ai bientôt 30 et je serai toujours le petit bébé de maman, jusqu’à sa mort et plus encore !

Les gens vous disent de faire des enfants pour mieux pouvoir vous dire : ah tu vois, je t’avais dit que c’était dur !

Quoi qu’il en soit, j’espère sincèrement que vos choix de vie sont réfléchis et pris en fonction de la vie que vous voulez vivre et pas en fonction de celle que les autres vous imaginent.

Ne me détestez pas, ça ne sert à rien.

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Photo Emilie

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