Faut-il avoir honte

d'être heureux?

Mon dieu que cette question semble idiote.
Et pourtant…

Tout le monde est tenté de dire instantanément : bien sûr que non ! Mais dans les faits, vous arrive-t-il souvent de demander à quelqu’un, au-delà du traditionnel « ça va ? » : es-tu vraiment heureux ? Et surtout arrive-t-il régulièrement que quelqu’un vous dise spontanément : Salut, je suis heureux !  Pas autant que ça finalement.

Avec les vraies amies, il m’arrive de parler de bonheur, car je sais qu’elles veulent le mien et moi le leur. En société en revanche, on parle rarement du rapport au bonheur. Comme si c’était trop intime ou délicat pour être abordé. Voir carrément utopique, comme si tout le monde vivait dans un pseudo mal être et qu’au final, ce sont les gens qui vont bien les marginaux. Je vous l’accorde également, il faut peut-être aussi une connaissance plus approfondie d’une personne pour mieux la cerner et comprendre ce qui peut la rendre heureuse.

Mais… J’ai l’impression que c’est surtout un de ces sujets qui suscite avant tout de la jalousie, du doute, voire du mépris.

Flemme de lire? 

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HAPPINESS

Dans la chanson d’Angèle, Tout Oublier, elle parle de cette tendance à étaler son bonheur. En effet, le spleen n’est plus à la mode. Les âmes blessées et ténébreuses, c’était le style de certains ados des années 2000. Et je pense que c’est toujours le cas. Sauf que les réseaux sociaux ont grandi avec leurs premiers utilisateurs. Ainsi, pour la génération d’Angèle (la mienne), il est attendu de nous que nous ayons trouvé un sens à notre vie, construit ce que la société attend de nous et réalisés les objectifs que nos parents nous imaginaient atteindre. Le tout façonné dans un monde très patriarcal, raciste et excessivement genré.

Très lié à l’idée de la réussite qu’à notre société actuelle, nous avons tendance à juger le potentiel bonheur des autres par rapport à nos propres attentes (ou celles de nos parents).
Par exemple, pour beaucoup de monde, si je n’ai pas une maison, un mari et trois enfants à 30 ans, je ne peux pas être heureuse.

Parce que depuis leur plus jeune âge on leur dit qu’ainsi va la vie, et que les gens qui dérogent à ce schéma sont marginaux. Et vu que la différence fait peur… Cette situation doit être évitée. Même si cela induit une frustration personnelle permanente.

Comment la société se construit-elle sur les idées très ancrées liées à la maternité.

Du point de vue de la personne qui ne souhaite pas une vie socialement correcte, elle ne peut que difficilement exprimer sa joie de vivre devant ceux qu’elle considère comme “emprisonnés” dans une vie socialement conforme. Pour démocratiser le sujet, il faudrait accepter que tout le monde puisse choisir son chemin de vie. Ce qui n’est malheureusement pas le cas de nos jours.

Je vous invite à regarder la vidéo de La Carologie (Youtubeuse suisse) qui aborde très justement la perception des genres dans la famille via un fait divers. Je trouve qu’on peut extrapoler le fond de réflexion sur beaucoup d’autres « problèmes » sociétaux actuels. D’ailleurs, de manière générale, si vous vous intéressez à la sociologie, je vous invite à suivre sa chaîne.

Quant’aux heureux qui bravent les on-dit, ils se trouvent souvent confrontés aux miséricordieux. Ah… Ceux qui ont toujours connu pire que vous, qui ont beaucoup de choses à faire, qui ont besoin d’être plaints en permanence. Des pauvres diables que la vie abîme. Ceci rejoint l’idée développée dans l’article « Les mamans, ses femmes mieux que les autres », c’est-à-dire que si nous nous trouvons dans une situation que nous croyions désirée (je pensais vouloir des enfants) et qu’une fois atteinte nous n’y sommes pas épanouis (ce n’est pas ce que je croyais, je le vis mal), nous allons systématiquement extérioriser notre inconfort en minimisant le bonheur (dont nous pensons nous être éloignés pour l’instant) des autres. Le tout cuisant à feu doux sur un sentiment d’injustice aigrelet.

En gros, si je ne suis pas épanoui, même si cela résulte de mes propres choix, je suis vexé que tu sois plus heureux que moi. En plus, si tes choix de vie sont différents des miens, je serai jaloux de ta situation de vie actuelle, que j’essaierai de décrédibiliser, pour me rassurer. Parce que je ne peux pas revenir en arrière et changer mes choix de vie faits par le passé. Imaginer que ta vie n’est pas si belle que ça, ça me rassure en me disant que mes propres choix n’étaient pas si merdiques. Une sorte de sentiment post-achat, établi sur les choix de vie.

L’être humain trouvera TOUJOURS de quoi se plaindre, c’est dans sa nature. Il y aura toujours pire que vous, toujours mieux aussi. Mais à quoi pourrait-il donc vous servir d’avoir la palme du plus miséricordieux ou du plus chanceux de la Terre ? Rendons-nous compte qu’il ne s’agit là que d’une guerre d’égo qui en soi, n’apporte absolument rien à notre vie. Le plus malheureux du monde est-il plus heureux de voir les autres attristés par son sort ? Si c’est le cas, mérite-t-il d’être blâmé ? Et le plus chanceux du monde doit-il se sentir honteux de l’être simplement parce que d’autres ne le sont pas ? Ne serait-ce pas du gâchis finalement ?

Il semble donc évident que de prendre son courage à deux mains et entreprendre les changements nécessaires pour être heureux ne peut être que bénéfique. Puisqu’au final, ce sont les peurs et les regrets des autres qui créent un climat hostile à notre prise de décision.

Pour finir, ceux qui se complaisent dans leurs problèmes et qui fuient le bonheur par peur du changement ou par plaisir de l’attention que cela génère… Sachez qu’il n’y a rien de mal à consulter un professionnel qui saura vous aider mieux que n’importe quel article.

Je vous souhaite à tous de trouver ce qui vous rend heureux. N’oubliez pas que le plus simple et le plus durable est de trouver le bonheur au fond de nous-mêmes et pas à travers le regard de qui que ce soit d’autre.

Des vidéos inspirantes

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Photo Emilie

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